Foin sec ou enrubanné pour vos chevaux ?

Aliment indispensable pour un bon équilibre alimentaire, le foin peut être consommé de différentes manières suivant le choix du cavalier. Comment les professionnels utilisent-ils le foin, et quels sont leurs critères de sélection ? J’ai fait le point !


Même si son prix reste encore assez élevé, l’enrubanné semble être la coqueluche des cavaliers professionnels. La raison, et tous ceux qui l’achètent s’accordent à le dire : c’est un foin appétant, riche, sans poussière, bien conservé, pratique à transporter :

« Depuis plus de dix ans, je ne donne plus que de l’enrubanné sous vide. J’ai vraiment vu la différence par rapport au foin classique. Les chevaux ne sont pas ballonnés, aucun ne rechigne pour en manger, et il est toujours de même qualité. »

Cependant, j’émets un petit bémol sur ce produit, car les enrubannés n’ont pas tous les mêmes vertus. Je m’explique :
Pour qu’un enrubanné soit de bonne qualité, il doit répondre à plusieurs critères : une récolte à la bonne époque, c’est-à-dire en mai, un taux d’humidité qui n’excède pas 30%, des champs uniquement dédiés à la culture de graminées (fétuque, ray-grass) et non de légumineuses (luzerne, trèfle) et le moins d’air possible dans le ballot.

Véritable nourriture, certaines écuries n’hésitent pas à faire un repas uniquement avec ce foin, le midi ou le soir : les chevaux digèrent 90% de ce fourrage, c’est donc un vrai aliment nourrissant ! Aliment nourrissant, il faut pourtant savoir bien le doser, car au début les chevaux peuvent être sujets à des diarrhées. C’est pour cette raison que certains professionnels ont choisi d’alterner entre le foin mouillé (le matin par exemple) et l’enrubanné (l’après-midi).

D’autres professionnels ont fait le choix de produire eux-mêmes leur foin sur leurs prairies. Sur des prés naturels, sans engrais ni luzerne, le foin est coupé à la bonne saison (entre fin juin et début juillet en fonction des régions), bien entretenu, il est épais et sans tiges sèches.

« Pour moi, l’essentiel pour avoir un foin sec de bonne qualité, c’est qu’il soit agréable au toucher. Souvent, on le reconnaît lorsque c’est du foin de fin de pré, car d’autres plantes (des ronces par exemple) se sont mélangées avec le foin. »

Qu’il soit de prairie ou enrubanné, le foin est donné la plupart du temps deux fois par jour, voire plus pour les chevaux sur copeaux et la quantité varie bien sûr en fonction de l’activité du cheval.


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos