Les maladies chez les poulains

A les voir gambader et jouer dans les prés autour de leur mer, les poulains me semblent vivre dans un monde idyllique, avant le sevrage, le débourrage et le travail. Cependant, la route est semée d’embûches … Pathologies, erreurs de la nature, malformations, complications, traitements, la santé du poulain n’est finalement pas chose aisée. Si vous êtes éleveur, cet article vous permet un tour d’horizon synthétique des risques encourus par le poulain et les moyens d’y remédier au mieux.


Les septicémies néonatales

Cela peut arriver à un poulain souffrant d’un déficit d’immunité et soumis à une forte pression d’infection. Cela peut être la conséquence d’un colostrum de mauvaise qualité, de conditions d’hygiène médiocre ou, malgré une bonne conduite d’élevage, de la présence d’un germe très agressif dans l’environnement.

Quand une septicémie touche un poulain, il est nécessaire de désinfecter l’environnement. Si l’on ne peut prévenir une septicémie, adopter certaines règles permet de donner au poulain une meilleure immunité à la naissance. Par exemple assurer une bonne gestion de la poulinière tout au long de la gestation, donc être à jour sur la vermifugation, les vaccinations (en particulier la protection contre la rhinopneumonie), la prise de compléments minéraux, d’oligo-éléments et une bonne nourriture. Cela permet au poulain d’être mieux armé et d’avoir un colostrum d’excellente qualité.

Concernant le colostrum, je vous conseille de le doser pour juger de sa qualité (avec un réfractomètre). Puis, entre 12 et 24h, de vérifier si le poulain a absorbé assez d’anticorps en réalisant une prise de sang. Pour éviter au maximum les risques de septicémie, vous pouvez également administrer un sérum à votre poulain. Un quart d’heure après la naissance, le poulain reçoit 2 injections : un sérum antitétanique et un autre prévenant les principales affections néonatales du poulain.

Les septicémies peuvent toucher les poulains jusqu’à 2 ou 3 semaines d’âge, mais c’est principalement au cours de la première semaine que les risques sont les plus importants. Prise à temps, une septicémie peut se soigner, mais la prise en charge est lourde et massive, avec des perfusions au long cours et une surveillance permanente.

Attention donc au poulain qui présente des muqueuses rouges-violacées, de la température, des diarrhées et un abattement dans les premiers jours de vie.

Les diarrhées du poulain

Le poulain est sensible aux diarrhées jusqu’à 3 semaines. Cela s’exprime comme des diarrhées classiques, à savoir, des matières fécales pâteuses voir liquides. Pour diagnostiquer le germe responsable, il faut passer des analyses en laboratoire afin de déterminer avec précision le ou les agents en cause.

Le traitement diffère en fonction des résultats. Ces pathologies sont à prendre au sérieux, car si la diarrhée en elle-même n’est pas nécessairement grave, les complications liées à la présence d’un germe peuvent, elle, être dramatiques : les germes arrivés d’abord au niveau intestinal, peuvent se fixer sur les poumons, le cœur ou les articulations. Un poulain avec une diarrhée qui ne cesse pas peut ainsi contracter de l’arthrite, et présente, au final, un jarret ou un boulet complètement abîmé.

La rhodococcose

Très connue dans le monde de l’élevage, la rhodococcose touche les poulains à partir d’un mois. Il s’agit d’une bactérie tellurique, c’est-à-dire une bactérie présente dans le milieu ambiant.

La présence de ce germe provoque de lourdes pertes économiques : sur un cheptel de 100 poulinières, si quarante poulains sont touchés par la rhodococcose, une trentaine meurt.

La symptomatologie est polymorphe : il existe des formes respiratoires, des formes diarrhéiques, et des formes sans autre signe qu’un abattement. C’est pour cette raison qu’il ne faut jamais oublier cette maladie et ne pas hésiter à faire une recherche, parce que les traitements sont spécifiques et souvent difficiles à mener à terme.

La rétention de méconium

La rétention du méconium peut entraîner des coliques chez le nouveau né. Dans les douze premières heures de vie, le poulain doit expulser les premières matières fécales appelées méconium. Il arrive que certains poulains aient du mal à l’expulser. Par conséquent, cela crée un bouchon dans la partie terminale du tube digestif. Au bout de quelques heures, le poulain souffre d’une colique, car aucune matière ne peut sortir. Des lavements à l’eau savonneuse et des médicaments afin de limiter la douleur et essayer de ramollir le bouchon permettent généralement la guérison.

Les hernies ombilicales

Dans ce cas, la paroi musculaire laisse un trou où s’engagent des anses intestinales. C’est presque une malformation. Si l’on n’arrive pas à passer deux doigts dans le trou, bien souvent on ne fait rien, car cela se referme au cours de la croissance. En revanches, si les anses intestinales s’engagent dans un trou supérieur à 2 doigts, il faut généralement opérer pour refermer le trou.

Cette intervention n’est pas une urgence, et le pronostic est souvent favorable.

La vaccination

Une mère vaccinée aura dans son colostrum des anticorps contre les maladies pour lesquelles elle est vaccinée, notamment la grippe et la rhino. Un poulain issu d’une mère vaccinée peut attendre 6 mois avant sa première injection de vaccin. En revanche, pour un poulain issu d’une mère n’ayant jamais été vaccinée ou pas à jour de ses vaccins, le protocole vaccinal doit être avancé vers l’âge de 4 mois. Côté vermifuge, les poulains reçoivent leur première dose avant l’âge d’un mois.

Les problèmes de croissance

Les poulains carencés ont tendance à connaître des soucis de croissance avec des problèmes de cartilage ou d’ostéochondrite disséquante, c’est-à-dire quand un petit bout d’os s’attache mal et se balade dans les articulations.

Mais il est vrai aussi que les poulains suralimentés peuvent rencontrer les mêmes problèmes. Comme d’habitude, les extrêmes ne sont jamais très bons.

Mon poulain est-il en bonne santé ? Le critère important est l’état d’éveil de votre poulain. S’il tète, joue et fait ses manières … il se porte bien ! Il est donc nécessaire de « connaître » son poulain. Savoir distinguer ce qui est normal au niveau comportemental, de ce qui ne l’est pas et cela malheureusement ne s’apprend pas dans les livres !


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos