Parasites chez le cheval : Comment mener une « guerre » efficace contre les vers ?

Les vers représentent un danger potentiel pour tous les chevaux. Ils sont à l’origine de la plupart des coliques et peuvent causer des dégâts considérables dans l’organisme, qui conduisent parfois à une mort brutale, par destruction du foie, des intestins ou des vaisseaux sanguins. Si nous nous accordons tous sur la nécessité de vermifuger correctement les chevaux pour lutter contre les parasites, en pratique, les choses ne sont pas aussi simples. D’une part parce qu’il existe pléthore de spécialités pharmaceutiques promettant toutes une efficacité absolue, d’autre part, parce que de nombreux propriétaires sont encore « accrochés » à des vieilles habitudes ou freinés dans leurs choix par le coût de certains traitements. Voici donc quelques clés qui vous permettront de mener cette « guerre des vers » efficacement !


Les parasites internes des chevaux sont des hôtes particulièrement indésirables. Pour en venir à bout, je vous propose une revue d’effectifs des principales molécules antiparasites.

Nom du parasite Anguillules Ascarides Gastérophiles Oxyures Spirures Strongles Ténias
Forme Nématodes Gros vers blancs Mouches à allure de bourdons, larves brunâtres de 1.5cm Nématodes Nématodes Nématodes Vers plats segmentés et blancs
Localisation Intestin grêle Intestin grêle Estomac Rectum Œsophage ou estomac Gros intestin ou trachée et bronches Iléon et valvule iléocæcale
Infestation Par ingestion de larves ou lait de jument Par ingestion d’œufs larvés Par ingestion d’œufs de mouches Par ingestion de larves dans les boxes Par larves de mouches Par ingestion de larves dans les pâtures Par ingestion d’acarien de prairie contenant des larves de cestodes
Conséquences Entérites diarrhéiques Troubles ostéo-tendineux, entérites, coliques, obstructions intestinales Gastrites, dyspepsies, pertes d’appétit, coliques Prurits anaux Gastrites, manque d’apétit, coliques Coliques, diarrhées, anémies, péritonites ou pneumonies, toux, dyspnées Coliques, dysfonctionnement digestifs
Molécules Ivermectine, moxidectine Ivermectine, moxidectine, benzimidazoles, pyrantel Ivermectine, moxidectine, associations renfermant du trichlorfon Ivermectine, moxidectine, benzimidazoles, pyrantel Ivermectine, moxidectine Ivermectine, moxidectine, benzimidazoles, pyrantel Praziquantel

Strongles et gastérophiles.

Il y a plusieurs familles de parasites. Les plus redoutables sont les strongles et les gastérophiles. Dans ces deux familles, ce sont les formes larvaires qui sont les plus destructrices. Et les plus difficiles à éradiquer.

Les larves des premiers jettent ainsi leur dévolu sur les tissus nobles (comme le foie ou les artères) ou investissent le tube digestif pour se nourrir des muqueuses et du sang. Les prés en sont principalement infestés au printemps et à l’automne.

Les larves des second siègent dans l’estomac et se nourrissent des tissus et du sang. Elles sévissent partout, en particulier l’été.

En général, c’est en consommant l’herbe des prés ou en se léchant que les chevaux ingèrent les œufs pondus par les parasites et se retrouvent ainsi infestés. Ces œufs se transforment en larves, puis entament leur phase de migration, un long périple dans le corps du cheval qui peut durer six semaines à plus de onze mois.

Les larves des strongles, l’espèce la plus pathogène, gagnent les petites artères de l’intestin, puis les gros troncs artériels qui irriguent tout le tractus digestif. Cette migration entraîne la formation de caillots, que ces larves de strongles vont coloniser, puis quitter à la fin de l’hiver pour revenir dans le gros intestin où elles se transformeront en vers adultes.

Les larves de gastérophiles cheminent quant à elles de la bouche jusqu’à l’estomac du cheval. C’est là qu’elles se fixent et grossissent, pour atteindre une taille d’environ deux centimètre de long. Toutes ces larves sont excrétées par les crottins.

Quel signal d’alarme ?

Les symptômes de la contamination parasitaire sont très caractéristiques : les chevaux infestés ont le poil piqué, ils maigrissent et présentent des signes de douleurs abdominales, des diarrhées et parfois de la fièvre. Il faut savoir que la contamination commence dès les premières semaines d’existence du poulain, lorsqu’il commence à manger les crottins de sa mère, pour ne se terminer qu’à la mort du cheval.

Un acte réfléchi !

Comment faut-il vermifuger ? En règle générale, le plus simple est encore d’utiliser des pâtes orales. Si vous avez plusieurs chevaux, il est préférable de traiter tout le troupeau au même moment. Faute de quoi, les chevaux vermifugés risqueraient d’être aussitôt recontaminés par leurs congénères.

La vermifugation ne se limite pas à un simple maniement de seringue. Il s’agit d’un acte réfléchi, qui doit tenir compte des parasites à éliminer, mais également des capacités d’autodéfense du cheval. Si vous avez un doute sur un traitement à employer, je vous conseille de réaliser une analyse coprologique. Ce test permet d’affiner la thérapie et d’utiliser une molécule à tort.

Quoi qu’il en soit, pour éviter les résistances, je vous conseille de changer de molécule au minimum une fois sur deux ou trois traitements.

Il faut aussi garder à l’esprit que les vermifuges sont des médicaments et qu’ils ont, par essence, des effets secondaires. Leurs molécules peuvent ainsi provoquer des agressions chimiques, et la destruction massive de vers peut générer la production de toxines en grandes quantités. Bref, la vermifugation n’est pas une opération à prendre à la légère et, en cas de doute, n’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire.


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos