Affections dentaires chez les chevaux

C’est bien connu, les problèmes de bouche chez le cheval peuvent tout simplement provenir de douleurs dentaires. Mais d’autres soucis de santé sont également à mettre à leur actif. Je vous explique donc dans cet article pourquoi il est nécessaire de faire régulièrement vérifier la bouche d’un cheval !


Les affections dentaires sont communes chez le cheval. Certaines lésions sont parfois mise en évidence tardivement, car sans un examen précis de la cavité buccale, il n’est pas facile d’observer de signe clinique évident commun aux affections dentaires. Aussi, un à deux contrôles annuels de la bouche sont fortement conseillés. Le nivellement dentaire n’est pas pour autant nécessaire de manière annuelle, cela dépend de l’âge du cheval, de son mode de vie, et de sa discipline.

Certains signes peuvent parfois attirer votre vigilance sur une affection dentaire : un cheval qui se « bat » avec la main du cavalier, l’encensement par exemple. Attention à bien inspecter les blessures à la commissure des lèvres, elles peuvent être dues à un problème d’embouchure, mais elles peuvent aussi avoir une origine dentaire.

L’amaigrissement peut être constaté dans les formes chroniques de lésions. Le cheval peut aussi avoir tendance à expulser une partie des aliments durant la mastication, présenter une mauvaise haleine, une salivation importante. Mais certains troubles sont déjà avancés lorsque les signes sont constatés. Alors, étant donné les conséquences parfois dramatiques de certaines lésions dentaires, mieux vaut anticiper et faire contrôler régulièrement la bouche de son cheval.

Conseil n°1 : Anticiper les problèmes !

Une modulation des examens dentaires est à faire selon le cheval. Deux périodes sont très importantes : celle de deux à cinq ans, car c’est la période du débourrage concomitante à la sortie des dents définitives. Les anomalies de développement étant assez fréquentes dans l’espèce équine, c’est à cette période qu’il faut les prévenir par un examen de l’occlusion de la bouche, de l’éruption des dents, et le retrait des lactéales persistantes responsable de gêne.

Lorsque le cheval est adulte, selon l’activité sportive, l’examen est annuel ou biannuel et il ne sera pas nécessairement suivi de soins.

Autre période essentielle, la vieillesse. Au-delà d’une vingtaine d’années, une attention particulière doit être apportée à l’occlusion de la bouche, à la longueur et à l’orientation des incisives.

Les troubles d’éruption dentaire sont communs.

Les troubles dentaires communément rencontrés chez le cheval peuvent se classer en trois grandes catégories : des problèmes de développement dentaires, des anomalies de positionnement, et des problèmes d’usure.

La persistance des dents lactéales est un problème communément rencontré. La première étape consiste donc à différencier une dent de lait d’une dent définitive. Le dentiste décidera ensuite s’il faut ou non la retirer pour éviter les problèmes plus graves.

Les coins de lait ne sont pas à négliger non plus car le cheval peut venir s’emmêler dans une ficelle de botte de paille ou de foin. Enfin la dent loup qui peut être aussi extraite est un vestige de la première molaire supérieure.

Les problèmes d’usures anormales sont les plus fréquents.

Les problèmes d’usures anormales sont les plus fréquents, ils sont résolus par le geste de nivellement dentaire à l’aide de fraises motorisées ou de râpes manuelles. Ils sont le fait de caractéristiques anatomiques et physiologiques des équidés.

En effet, le cheval est un animal « hypsodonte » : la couronne a une hauteur de 8cm environ est sort de son alvéole progressivement, compensant ainsi l’usure (l’usure continue de 2-3mm par an est compensée par la lente évulsion de la dent hors de son alvéole).

Le patron d’usure présente assez souvent des anomalies du fait de « l’anisognathisme » mandibulaire, c’est-à-dire que la taille de la mandibule est d’un tiers inférieure en largeur au maxillaire supérieur. De ce fait l’usure de la mastication crée des pointes ou surdents responsables de douleurs buccales, voire de fractures partielles de la dent. L’inflammation de la gencive, qui passe inaperçue va s’infecter, descendre jusqu’à la racine et provoquer une infection dentaire.

Déceler des lésions au niveau des joues.

Le déplacement ou la rotation de capes déciduales au niveau des prémolaires peuvent être responsable d’un inconfort nécessitant leur ablation. Des incisives persistantes et capes prémolaires peuvent engendrer une irritation locale ou perturber la congruence normale des arcades dentaires, entraînant des anomalies non négligeables du positionnement plus tard.

L’alimentation des chevaux influe également sur la dentition et peut prédisposer au développement de crêtes d’émail fines vers la joue. Dans la presque totalité de ces cas, ceci s’accompagne de lésions au niveau des tissus mou de la joue et de la langue.


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos