Préparation de la mise à l’herbe des chevaux : c’est le moment de faire un état des lieux de vos pâtures !

Avec la nouvelle année qui approche, c’est le bon moment pour faire un point sur la saison de pâturage et préparer la nouvelle. Comment procéder pour réaliser cet état des lieux ? Quels sont les points importants ? Dans cet article, je vous explique le principe.

Pourquoi réaliser un état des lieux de ses prairies ?

Il est important de faire un état des lieux pour prévoir et optimiser la gestion des prairies et valoriser leur potentiel productif. Il fournit une évaluation de ce dont vous disposez dans les prairies à un moment donné. Cela permet de recalculer les stocks fourragers (en foin et en herbe), de réfléchir sur la rotation des prairies pour préparer la nouvelle saison de pâturage, de vérifier l’état des pâtures en espèces, en couvert végétal et en qualité du sol afin de prévoir une amélioration ou une rénovation de prairie.

Il faut prévoir son état des lieux en fonction des deux périodes favorables aux semis dans l’année (le printemps et l’automne). Les amendements ont aussi des périodes d’application, connaître les besoins à l’avance permet d’intégrer les actions sur les prairies aux rotations de pâture.

Comment vérifier l’état de sa prairie ?

Procéder à l’état des lieux de ses prairies implique de faire le tour des parcelles, d’observer la hauteur de l’herbe, de vérifier s’il y a des espaces vides, des refus et quelles sont les espèces présentes. La météo (sécheresse ou inondation) peut influencer le développement de certaines espèces aux détriments d’autres. Cette évolution peut s’aggraver en fonction des espèces qui se développent, par exemple, le pâturin commun peut nuire au développement du ray-grass anglais. La gestion du pâturage peut aussi influencer le couvert végétal, ainsi le surpâturage favorise en général la venue des adventices. La détermination de la flore présente est donc une première indication sur la possibilité d’améliorer ou la nécessité de rénover la prairie. Ainsi, si la proportion des adventices est importante mais inférieure à la proportion des graminées et légumineuses, un désherbage sélectif peut être envisagé. À l’inverse, si la proportion d’adventices est supérieure, un ressemis peut être préférable. Cette détermination de la flore donne aussi des indications sur la qualité du sol, les espèces herbagères ayant des préférences pédo climatiques.

L’état des lieux implique aussi de vérifier la fertilité, le pH et la structure du sol. L’apport de fumier vieilli est idéal non seulement en tant qu’élément fertilisant mais aussi pour favoriser les auxiliaires du sol essentiels. La répartition de l’épandage doit se faire en tenant compte des zones de déjections et de surpâturage. Ainsi, l’amendement organique doit être prioritaire dans les parcelles de fauche. Un bon pH (> 6,2) favorise les légumineuses qui elles-mêmes favorisent les bonnes graminées. Un sol bien aéré permet une bonne utilisation des nutriments du sol. Ainsi, la qualité du sol est une indication sur les travaux à effectuer et les amendements à apporter de façon raisonnée et efficace.

Différents outils d’analyse sont disponibles pour connaître les besoins de son sol. L’analyse de terre permet d’évaluer la disponibilité des éléments minéraux pour les plantes. Mais, pour certains éléments comme le phosphore ou le soufre, les résultats ne permettent pas toujours de bien caractériser la disponibilité. Aussi, en prairie, pour ces éléments, la croisée avec l’analyse de l’herbe est parfois recommandée pour établir un diagnostic de nutrition des plantes. Des analyses de pH (bandelette ou capteur) permettent d’estimer le pH du sol. Des carottes de terre grâce à une tarière permettent d’observer la structure du sol et son comportement face aux intempéries et aux sécheresses.

Rappelez-vous que, à l’instar de votre cheval, vos pâtures doivent être observées pour être entretenues et utilisées correctement.

Suzie Bathellier
Chef de produit