Quelle ration en cas d’ulcères gastriques chez votre cheval ?

Je l’ai déjà évoqué dans des articles précédents sur le sur le même thème : la ration d’un cheval sujet aux ulcères gastriques doit être adaptée. Je vous propose donc cette semaine une synthèse des aliments à éviter, lesquels privilégier et quelles mesures de prévention adopter ?

Le cheval est prédisposé aux ulcères gastriques car son estomac fabrique de l’acide chlorhydrique en permanence. Pour éviter l’apparition ou la rechute, il faut permettre au cheval de s’alimenter quand il le désire en lui laissant à disposition en permanence des fourrages. Les ulcères gastriques correspondent à des érosions de la muqueuse gastrique. Ils touchent 70 à 95% des chevaux de course à l’entraînement, mais aussi d’autres chevaux et surtout ceux soumis à un exercice intensif ou ceux vivant un moment de stress (sevrage, long voyage, présence au box en permanence) ou encore ceux qui se retrouvent parasités.

L’animal atteint présente souvent des signes de souffrance après un repas de concentrés : il peut bailler, se coucher voire présenter des signes de coliques sourdes. Il a souvent le poil piqué, des crottins mous et un appétit capricieux. Lorsque la présence d’ulcères est confirmée (ce qui nécessite une gastroscopie), le traitement est médical avec des antiacides (oméprazole), ce qui nécessite souvent d’administrer en sus de la vitamine B12 par voie parentérale.

Quelles mesures de préventions ?

Pour limiter les risques de rechute et nourrir un cheval à risque, il faut modifier la nature de ses repas et leur distribution, car on peut difficilement moduler le rythme de travail et le mode de vie.

En ce qui concerne la distribution, il faut éviter que le cheval ait l’estomac vide. Aussi, il doit disposer d’herbe ou de foin en permanence, tout en évitant les litières de paille. Les repas de concentrés doivent être distribués à heures fixes et selon un protocole immuable, en essayant de servir en premier les animaux les plus anxieux. Il faut aussi éviter de modifier trop souvent la nature des repas et laisser le cheval manger tranquillement.

Le fractionnement de la ration de concentrés en au moins trois repas est une mesure centrale. Si jamais le foin n’est pas distribué à volonté, il faut le distribuer systématiquement avant les aliments concentrés afin de ralentir le passage des aliments fermentescibles dans le duodénum.

En termes de nature des aliments, il faut restreindre l’apport en glucides fermentescibles, comme l’amidon ou le saccharose. L’amidon doit être limité en quantité et choisi très digeste. Le maïs et l’orge sont préférés à l’avoine. Les grains doivent être préparés pour améliorer leur digestion avec, au minimum, un concassage (maïs) ou un trempage pour faciliter la digestion. Le choix d’aliment du commerce en flocons est judicieux. On peut aussi ajouter de l’huile végétale, qui permet d’enrichir la ration en énergie sans amidon et sous une forme qui ralentit la vidange de l’estomac, et évite donc sa vacuité. La luzerne, sous forme de foin ou de granulés, a un pouvoir « tampon » élevé et aide donc à réduire l’acidité de l’estomac.

Certaines écuries distribuent aussi des fibres solubles à cause de leur pouvoir de former un gel dans le tube digestif, telles que le psyllium ou les pectines. Enfin, les pansements à base d’argile sont souvent utilisées mais peinent à trouver leur efficacité.


Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos