peripartum chez les poulinières

Vous l’avez constaté, la maréchalerie a beaucoup évolué depuis un quart de siècle avec, au-delà du maintien des bases traditionnelles, l’apparition d’un outillage perfectionné, et de nouveaux matériaux composites.

Le développement du déferrage en course à ouvert par ailleurs de nouvelles portes, au moment même où se développaient l’imagerie vétérinaire, la radiographie numérique, la scintigraphie, l’IRM, l’utilisation des capteurs, etc.

Toutes ces techniques permettent une exploration fonctionnelle de l’appareil locomoteur et sont précieuses, en matière de maréchalerie. La collaboration entre votre maréchal et votre vétérinaire est donc essentielle pour accroître les performances de vos chevaux … Et je vous explique pourquoi dans mon article de blog !


Tout commence sous la mère.

Préparer un cheval de sport commence dès le plus jeune âge. La collaboration doit donc être étroite entre l’éleveur, le maréchal ferrant et le vétérinaire. Le parage précoce par le maréchal-ferrant permet de régler de nombreux problèmes :

  • Gestion des déviations angulaires chez le poulain.

Une déviation angulaire est l’angulation anormale d’une articulation ou d’un os long dans le plan frontal pouvant être accompagné d’une rotation (valgus ou varus).

Les déviations les plus souvent rencontrées chez le poulain sont le valgus du genou, le valgus du jarret, enfin le valgus du boulet. Elles sont secondaires à un traumatisme de la plaque de croissance ou à une répartition inégale des forces sur cette plaques : ces déviations ne sont pas réductibles spontanément et il faut en identifier la cause par radiographie.

La fermeture des plaques de croissance survient à 2 mois pour les boulets et à l’âge de 4 mois pour les genoux et les jarrets, ce qui impose une intervention du maréchal par parage et éventuellement par pose d’extensions de résine ou d’un fer orthopédique collé à extension médiale.

  • Contractures chez le poulain.

La connaissance précoce des contractures permet le plus souvent de régler le problème par une bonne gestion de la mise au paddock, puis au pré avec le repos sur des sols confortables et l’appel rapide au maréchal-ferrant.

Tout se poursuit à l’entraînement.


L’éleveur passe ensuite la « main » à l’entraîneur ou au cavalier, qui joue un rôle essentiel dans la gestion de la ferrure, toujours en étroite collaboration avec son maréchal et son vétérinaire. La collaboration entre les 3 professionnels se basent sur plusieurs points :

  • Le complément d’information apporté par l’imagerie.

Le vétérinaire prend part à l’action de ferrage s’il y a des problèmes orthopédiques. Sa connaissance de la boîte cornée et de la maréchalerie lui permet une interaction renforcée par l’imagerie, notamment en recherche de pathologie osseuse des pieds pouvant interférer négativement avec la ferrure.

  • La gestion du poids de la ferrure (trotteurs).

Il est connu que le poids de la ferrure du cheval trotteur influence la biomécanique du mouvement. Plus la ferrure est lourde, plus l’énergie développée au cours de la foulée est grande.

Charger le poids en pince augmente la flexion du membre mais n’augmente pas la longueur de la foulée. Cette propriété appelée effet fléau est utilisée chez le trotteur pour influencer ses allures. Le poids symétrise la locomotion et supprime artificiellement les boiteries.

L’objectif est de toujours rechercher le meilleur compromis en termes de confort et de poids.

  • La gestion des interférences.

Les interférences, ou atteintes d’un membre antérieur par le postérieur du même latéral ou par le membre controlatéral, sont dues au fait que le trot est une allure à deux temps par bipède diagonal et dont la longueur de foulée vient des postérieurs.

L’atteinte d’un membre postérieur par un antérieur est aussi un cas d’interférence.

Aplombs anormaux, déséquilibres d’allure, boiterie ou gêne locomotrice concomitante, … les causes d’interférence et d’adhérence au sol, également dépendantes du type de surface des pistes, sont multiples et imposent une communication entre les professionnels, pour rechercher la ferrure la moins agressive possible.

Anaël MARZIN
Responsable marché Equideos